Les Saints du Carmel

Les saints du Carmel sont des compagnons de route particulièrement secourables et encourageants. Ils ont quelque chose à offrir à chaque étape du voyage, soutenant aussi bien le débutant hésitant que le pèlerin fatigué et épuisé par les difficultés de la route
(cf : Livre : Prier à l’école du Carmel)

Sainte Thérèse d’Avila

Sainte Thérèsa ©François Gérard
Qui est-elle ?

  • Femme de la noblesse castillane du 16è siècle espagnol, issue d’une famille de juifs convertis, ce qui explique son ouverture d’esprit, son univers relationnel, sa bonne formation et son goût de la lecture.
  • Femme de caractère, intelligente et passionnée, qui a le don de transmettre et de rassembler.
  • Maitresse de prière et d’humanité, Première femme docteur de l’Église, elle nous enseigne avec pédagogie, réalisme et amour, le chemin qu’elle-même a vécu, pour nous unir au Christ, devenir Saint.
  • Son itinéraire de vie mouvementé lui fait chanter et nous fait découvrir la miséricorde infinie de Dieu pour ses enfants bien-aimés :
  • Elle a soif d’absolu dès son plus jeune âge. Au moment de son adolescence, elle s’accroche aux vanités, au désir de plaire, au point d’en perdre sa relation avec Dieu. Pour sauver son âme, à l’âge de 20 ans, elle décide d’entrer au Carmel.

Ce n’est qu’après avoir découvert le chemin de l’oraison, et s’être laissée séduire par Jésus, qu’elle se convertit pleinement à 46 ans. Jésus lui-même va l’enseigner par des grâces mystiques.

Passionnément désireuse de partager son expérience, et de la mettre au service de l’Église, elle s’engage dans la fondation de Carmels réformés, pour suivre de plus près le Christ dans la prière, la pauvreté, et la simplicité d’une vie fraternelle.

 Pour en savoir plus : sa biographie      

2 – Thérèse : une compagne de chemin pour tout homme à la recherche de Dieu

La porte d’entrée d’une vie avec Dieu, c’est l’oraison. Thérèse nous invite à y entrer avec une « détermination déterminée ».

Pour elle, l’oraison est une relation d’amitié dans un « face à face avec celui dont nous nous savons aimés ».

Elle est donc simple. Il suffit de prendre conscience de qui parle à qui : notre pauvre humanité en face de Dieu et d’être entièrement présent à sa Présence. L’oraison, c’est le lieu où nous le regardons, où nous lui ouvrons notre pauvreté, où nous nous laissons mener dans la confiance.

« O mon espérance et mon Père, mon Créateur, mon véritable Seigneur et mon Frère ! Vos délices sont d’être avec les enfants des hommes » (Exclamation 7).

Le guide et le chemin, c’est le Bon Jésus. Il est donc indispensable de le connaître en méditant sa vie.

Allons sur les pas du Maitre, marchons en sa compagnie.

Pauvreté, Détachement, Humilité et Charité fraternelle sont « les indispensables » pour avancer réellement sur ce chemin.

L’Amour nous presse de nous donner comme Jésus lui-même. Toute notre vie, en se conformant au Christ, devient oraison. Unis à son cœur, nous partageons son désir que tous les hommes sachent qu’ils sont aimés et sauvés.

Thérèse a l’intuition neuve que la vie de prière est un service d’Église. Dans un monde en feu, « aidons le Seigneur en étant tels qu’Il puisse écouter nos prières »

« Aimer c’est la passion d’agir pour qu’une âme aime Dieu et en soit aimée » (Chemin de Perfection 6,9).

« L’Amour, quand il est grand, ne peut rester sans agir »      

Sainte Thérèsa – ©Photo de Frère Juan de la Miseria
La transverbération de Sainte Thérèse 1672 – ©Josefa de Obidos

 Prier avec Thérèse d’Ávila

Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie, tout passe,
Dieu ne change pas, la patience obtient tout ;
celui qui possède Dieu ne manque de rien :Dieu seul suffit.

Élève ta pensée, monte au ciel,
ne t’angoisse de rien, que rien ne te trouble.

Suis Jésus Christ d’un grand cœur,
et quoi qu’il arrive, que rien ne t’effraie.

Tu vois la gloire du monde ? C’est une vaine gloire ;
il n’ a rien de stable, tout passe.

Aspire au céleste, qui dure toujours ;
fidèle et riche en promesses, Dieu ne change pas. 

« Je suis vôtre ; pour vous je suis née, que voulez-vous faire de moi ? Souveraine Majesté, Éternelle Sagesse, Bonté qui vous répandez sur mon âme. Dieu, souveraineté, Être unique, Miséricorde, voyez combien est vil l’être qui aujourd’hui proclame votre amour en ces termes : Que voulez-vous de moi, Seigneur ?

Je suis vôtre, puisque vous m’avez créée ; Vôtre, puisque vous m’avez rachetée ; Vôtre, puisque vous me supportez ; Vôtre, puisque vous m’avez appelée ; Vôtre, puisque vous m’avez attendue ; Vôtre, puisque je ne me suis pas perdue.

Que voulez-vous faire de moi ? (…).

(Poésie III).

Saint Jean de la croix

Qui est-il ?

Avant tout un fils de l’Espagne du XVIe siècle (siècle d’or).

Un homme de petite taille et de médiocre apparence mais dont la grâce divine a fait un géant spirituel au prix de beaucoup de fatigues et de souffrances de sa part.

Un religieux qui se distingue par sa vertu, sa pénitence et son recueillement. On le croit austère et rigoureux et il l’est, certes, pour lui-même mais non pour les autres avec qui il est plein de douceur, de charité et d’amour, à l’image de Jésus « doux et humble de cœur ».

Avec Notre Mère Sainte Thérèse, il a réformé l’ordre du Carmel.

Il a goûté l’intimité de son Seigneur ; il a découvert les biens admirables que Dieu réserve à ceux qui deviennent vraiment ses amis. Il veut en faire bénéficier les autres et les acheminer aussi vers la même destinée:

« O âmes créées pour ces merveilles,
Âmes appelées à les voir se réaliser en vous !
Que faites-vous ? »

Saint Jean de la Croix

Saint Jean de la Croix

Pour en savoir plus…. Sa biographie :

Né à Fontiveros (Province d’Avila) en 1542, Jean de Yepes entre jeune au Carmel, sous le nom de Jean de St Matthias. Il songe bientôt à devenir chartreux, lorsque Thérèse d’Avila le convainc d’être l’un des premiers Carmes réformés, chose qu’il accepte avec enthousiasme, prenant alors le nom de Jean de la Croix.

Ayant aidé Thérèse dans son entreprise de rénovation et travaillé à la première fondation de Frères contemplatifs à Duruelo le 28 novembre 1568, il doit souffrir l’incompréhension et les jalousies de ses Frères. Ses supérieurs en arrivent à le mettre au cachot au couvent de Tolède. C’est là qu’il compose la plupart de ses poèmes mystiques : poèmes de la nuit, poèmes de l’amour, où il exprime douloureusement son désir de Dieu.

S’étant évadé de sa prison, il reprend son activité au service de la Réforme thérésienne, jusqu’au jour où, épuisé et malade, il doit se retirer au couvent d’Ubeda. C’est là qu’il termine sa vie, dans la nuit du13 décembre 1591, sen allant, dit-il chanter les matines au ciel.

 

Il a été béatifié le 25 janvier 1675, et canonisé le 27 décembre 1726. Guide indiscutable dans les voies de l’esprit, Jean de la Croix nous a laissé des traités spirituels devenus célèbres : Montée du Carmel, Nuit Obscure, Cantique spirituel, Vive Flamme d’amour. Pie XI lui a conféré le titre de docteur de l’Église universelle, le 24 août 1926.

Au Carmel, St Jean de la Croix est un père, un maître, un docteur de la vie spirituelle en son dynamisme théologal. Sa doctrine est une vivante exégèse de l’Évangile.

  • Jean : un guide pour notre itinéraire spirituel

 Jean de la Croix nous explique le chemin pour parvenir à une véritable rencontre avec Dieu dans la Foi.

Pour décrire cet itinéraire, il utilise la métaphore de l’amour humain. L’âme est comme l’épouse à l’égard du Christ époux, destinée à s’unir à Lui.

Dieu, le premier, nous cherche.

« Il faut savoir que si l’âme cherche Dieu, Dieu, de son côté, la cherche bien davantage » (Cantique Spirituel)

 

Dieu a soif de se répandre Lui-même dans nos cœurs désemplis et de nous prendre dans le radieux mystère de l’amour Trinitaire.

« Où que j’aille avec toi, mon Dieu, ce sera où je voudrai aller pour toi ». (Écrits spirituels n°51).

Un cri d’espérance jaillit alors du fond de l’âme : «Où t’es-tu caché Bien-Aimé » (titre du Cantique spirituel), et elle se met en route.

C’est une véritable ascension à laquelle l’âme est appelée. Jean la décrit dans sa « Montée du Carmel ».

Patiemment, Jean de la Croix apprend à l’homme à se libérer en choisissant par amour du Christ ce qui plait à Dieu plutôt que la satisfaction de ses désirs.

Alors, Dieu lui-même prend le relais et nous entraine dans la confiance jusqu’au don total.

« Ô Nuit qui m’a guidé, Ô Nuit plus belle que l’aurore, Ô Nuit qui as uni l’ami avec l’aimée, l’aimée en l’ami transformé » ( Nuit Obscure).

Jean ne fait que décrire l’épanouissement de la grâce du baptême dans l’âme du chrétien.

« Au soir de la vie, on t’interrogera sur l’Amour. Apprends-donc à aimer Dieu comme Il veut être aimé et laisses-là ce que tu es ».

 

Ses grandes Œuvres : La montée du carmel. La Nuit Obscure. Le Cantique Spirituel. La Vive Flamme d’Amour.

 

        

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus

Sainte Thérèse de Lisieux

1- Qui est-elle ?

Petite dernière d’une famille de neuf enfants, dont quatre morts en bas âge, elle grandit dans une famille unie, dans un foyer d’amour désireux de conduire à la sainteté.

  • Elle perd sa mère à l’âge de quatre ans. Marquée par cet évènement, elle souffre d’une tristesse accablante contre laquelle elle va lutter pendant plusieurs années. Dieu lui donne sa force, qui la portera toute sa vie et la fera devenir vaillante et courageuse.
  • – Une jeune fille audacieuse et pleine de désirs infinis. Elle émet très tôt le désir de se donner à Dieu et ira jusqu’à Rome pour demander au pape une dérogation pour entrer au carmel à l’âge de 15 ans.
  • Elle comprend très tôt qu’elle peut être le réceptacle et le diffuseur de l’amour pour ceux qui ne connaissent pas Dieu. Elle rentre au Carmel pour aimer Jésus, le faire aimer et prier pour les prêtres.
  • Elle a cherché toute sa vie à rester petite, comme un petit enfant que son Père peut prendre dans ses bras, consoler et conduire : c’est le secret de la « petite voie » qu’elle nous enseigne.

« Je vois qu’il suffit de reconnaitre son néant, et de s’abandonner comme un enfant dans les bras du Bon Dieu ».

  • Elle nous apprend l’amour et l’offrande jusque dans les petites choses, en s’oubliant soi-même.
  • Elle supportera dans les derniers mois de sa vie une terrible nuit de la foi, qu’elle vivra dans l’offrande d’elle-même unie aux pécheurs.

Courte biographie :

Thérèse Martin est née à Alençon (France) le 2 janvier 1873. Elle est baptisée le 4 Janvier en l’Église Notre Dame.

Thérèse est la petite dernière d’une famille de neuf enfants, dont quatre sont morts en bas âge. Thérèse perd sa mère à 4 ans et demi et en reste très marquée. Elle fit son entrée au Carmel de Lisieux le 9 avril 1888. Durant quelques années, elle travailla à la formation des novices pour aider la maîtresse dans sa charge.

Elle rendit son dernier soupir dans une extase d’amour, le 30 septembre 1897, à l’âge de 24 ans. Un an plus tard, on voyait publier son Histoire d’une âme, dont les éditions allaient se multiplier, avec une influence spirituelle toujours grandissante. Pie XI devait la canoniser le 17 mai 1925, et la proclamer Patronne des missions le 14 décembre 1927. Finalement Jean-Paul II la déclarée docteur de l’Église le 19 octobre 1997.

Dans ses manuscrits autobiographiques, Thérèse nous livre son itinéraire spirituel : à travers les joies et les deuils, au-delà de la souffrance et de l’offrande d’elle-même pour les pécheurs, elle ne veut rien refuser à Dieu et attend tout de sa miséricorde. Elle veut être l’amour dans l’Église : amour ardent à l’égard du Père, amour héroïque envers ses Sœurs de communauté. C’est par là que Thérèse est devenue un phare capable d’éclairer pour le monde d’aujourd’hui les chemins de l’Évangile.

Pour en savoir plus : …..

Céline et Thérèse
Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus et de la Sainte Face

2 ) Faire quelques pas avec elle…

  • C’est bien là son désir de nous conduire sur un chemin fait de confiance et d’amour.

« Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit… je L’aime ! … car Il n’est qu’Amour et Miséricorde ! » (LT 266)

Non, elle ne voulait pas d’évènements extraordinaires pour ne pas nous décourager et nous dire que nous sommes tous appelés à la sainteté. Nous, avec nos imperfections et nos tentations de nous arrêter en route.

« Je ne suis pas toujours fidèle, mais je ne me décourage jamais, je m’abandonne dans les bras de Jésus ».

Elle nous a tracé le chemin le plus court pour aller à Dieu, car c’est bien pour Lui que nous sommes faits et c’est là que nous serons vraiment heureux :

« C’est la confiance, et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour » (Lettre 197).

 Cela veut dire, croire à notre soif d’amour infinie, faire confiance à nos désirs les plus audacieux car c’est Dieu qui les y a mis, et qui veut les accomplir en nous.Ils sont bien au-delà de ce que nous pouvons faire par nos propres forces, pourtant il ne faut pas cesser de désirer…

 « L’Amour que Jésus nous porte est un Amour qui demande tout » (Lettre 83).

 Ce qui nous reste, c’est de chercher à répondre loyalement à son Amour en persévérant dans des efforts à notre mesure, en nous offrant à Lui sans rien vouloir garder pour soi, et consentir à rester petit.

« Le plus petit mouvement de pur amour est plus utile à l’Église que toutes les œuvres réunies ensemble »

  « Je voudrais aller à tous ceux qui méconnaissent l’amour ici et au loin, et me dépenser jusqu’à l’extrême de l’amour »

 « Être ton épouse, ô Jésus, être carmélite, être par mon union avec toi la mère des âmes, cela devrait me suffire…il n’est pas ainsi…je sens en moi d’autres vocations (…)

Je compris que l’Amour renfermait toutes les vocations, que l’Amour était tout, qu’Il embrassait tous les temps et tous les lieux…en un mot qu’il est éternel !

Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : « Ô Jésus, mon Amour…ma vocation, enfin, je l’ai trouvée, c’est l’Amour » (Ms B 3 V).

Sainte Élisabeth de la Trinité

  • Qui est-elle ?

 Aînée d’une famille de militaire de la fin du 19è siècle.

  • D’un tempérament passionné, vive et ardente elle réussira à vaincre son terrible caractère le jour de sa 1ère communion : instant de grâce et de joie qui l’a marquée toute sa vie. Elle a rencontré Jésus vivant en son cœur.
  • D’une étonnante maturité spirituelle. A 8 ans, Élisabeth veut déjà se consacrer à Jésus.

La musique fait partie de sa vie, elle possède de grands talents musicaux qui développeront en elle un sens profond de l’écoute spirituelle.

  • Elle apprend un jour que son prénom Élisabeth signifie « Maison de Dieu ». Elle en fera sa vocation.

« J’aime tant ce mystère de la Sainte Trinité, c’est un abîme dans lequel je me perds. »

 

  • A 14 ans, elle fait une expérience spirituelle forte où elle sent le besoin de se donner à Jésus comme épouse.« Il me sembla que le mot ‘Carmel’ était prononcé dans mon âme. »

Elle y entrera à 21 ans.

 

  • Enthousiaste, joyeuse, et généreuse, l’amitié est très importante pour elle. Elle saura l’entretenir par une correspondance assidue.
Élisabeth de la Trinité – ©Photo de Willuconquer

 Sa biographie

Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 au camp militaire d’Avor, près de Bourges (France). Dès l’âge de sept ans, elle reçoit la grâce de vaincre, pour l’amour du Christ, un tempérament difficile. Se pliant aux obligations de la vie mondaine, son cœur n’est rempli que du désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Entrée au Carmel de Dijon à 21 ans, elle reçoit, à la faveur de l’enseignement d’un religieux, de vives lumières sur la présence des trois Personnes divines en son âme. Désirant que sa vie ne soit qu’un rayonnement du Christ son Bien-Aimé, elle se sent appelée à être pour Dieu une louange de gloire. Crucifiée par une terrible maladie, elle mourut le 9 novembre 1905, après avoir prononcé ces dernières paroles : Je vais à la lumière, à l’amour, à la vie. Elle est canonisée le 16 octobre 2016 par le Pape François.

  • Son message

 – Vivre au-dedans avec Dieu.

  • Être transformée en Dieu pour vivre de son Amour.
  • Aider les âmes à trouver Dieu en elles.

« il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même » (lettre 335).

Pour approfondir, rendez-vous sur le lieu où les sœurs carmélites continuent à témoigner de son message : lien

Élisabeth de la Trinité – ©Photo de Willuconquer
Élisabeth Catez – ©Photo de Willuconquer

4. Prier avec Sainte Élisabeth de la Trinité

O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire Sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère.

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Coeur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous-même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous-en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

Amen

Élisabeth de la Trinité :

« Crois qu’Il t’aime, qu’Il veut t’aider lui-même dans les luttes que tu as à soutenir. Crois à son amour, à son trop grand amour ». (G.V. 11).

« Il est en moi. Je suis en Lui. Je n’ai qu’à l’aimer, à me laisser aimer et cela tout le temps, à travers toutes choses.

S’éveiller dans l’amour, se mouvoir dans l’amour, s’endormir dans l’amour, l’âme en son âme, le cœur en son cœur, les yeux dans ses yeux, afin que, par son contact, Il me purifie, Il me délivre de ma misère ». (L. 177).

« Jésus seul peut me satisfaire. Il est mon trésor, mon seul bien. Près de Lui seul, je suis heureuse. Il est ma vie et mon amour ». (P. 67).

Site sur sainte Élisabeth de la Trinité

Élisabeth Catez jouant du piano – ©Photo de Willuconquer

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein)

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein) au Carmel de Cologne
 Edith-Stein et Maximilian Kolbe – Photo de Anne-Madeleine Plum de l’œuvre originale
Eglise Herz Jesu, Kassel Allemagne.
  1. Qui est-elle ?.
    • Philosophe et carmélite.
    • Femme juive du début du 20e siècle, d’un esprit ouvert, fort, discipliné, tenace et d’un grand équilibre.
    • A partir de son adolescence elle connait une phase d’athéisme Pourtant la soif de vérité sera toujours un aspect fondamental de sa personnalité. Elle la découvrira plus tard dans la personne du Christ, après la lecture de la Vie de Sainte Thérèse d’Avila.

« Dieu est la vérité. Qui cherche la vérité, cherche Dieu, qu’il en soit conscient ou non. »

  • Elle a senti devant le mystère de la croix, une vocation spéciale : en entrant au Carmel, elle choisit le nom de Thérèse-Bénédicte de la Croix.
  • « Je pensais que ceux qui comprenaient ce qu’était la Croix du Christ, devaient la supporter au nom de tous ». Elle l’a vécu en donnant sa vie dans les camps de concentration pour son peuple.
  • Elle nous enseigne la valeur du don total, l’audace d’aller jusqu’au bout, jusqu’au martyre si tel est le chemin que Dieu a choisi pour nous.

 

Pour en savoir plus … Sa biographie

Édith Stein est née à Breslau le 12 octobre 1891, dans une famille juive. Au cours de son adolescence, elle perd ses appuis religieux et côtoie un moment l’athéisme. De brillantes études universitaires font d’elle une philosophe remarquée de ses professeurs et de ses collègues. Bientôt la lecture de l’autobiographie de Ste Thérèse apporte la vérité à son cœur et à son esprit.

A partir de son baptême en 1922, sa vie spirituelle s’approfondit, fécondant ses activités d’enseignante et d’éducatrice. A 42 ans, elle entre au Carmel de Cologne, sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Le 2 août 1942, elle est arrêtée au cours de son oraison à la chapelle.

Ayant offert sa vie en holocauste pour son peuple d’Israël, elle meurt martyre de la foi chrétienne dans une chambre à gaz du camp d’Auschwitz le 9 août 1942, en pleine persécution nazie. Femme d’intelligence et de culture exceptionnelles, ses nombreux écrits sont d’une doctrine élevée et d’une grande profondeur spirituelle.

Elle a été béatifiée à Cologne par Jean-Paul II le 1er mai 1987, puis canonisée à Rome le 11 octobre 1998, et finalement proclamée Patronne de l’Europe le 1er octobre 1999

Quelques citations :

  • « Tu n’es pas médecin, ni infirmière et tu ne peux panser les blessures. Tu es recueillie dans ta cellule et tu ne peux pas aller à eux. Tu entends le cri d’agonie des moribonds et tu voudrais être prêtre et être à leur côté… Regarde vers le Crucifié. Si tu es unie à lui, comme une fiancée dans l’accomplissement fidèle de tes saints vœux, c’est ton sang et le sang précieux du Christ qui se déverse sur eux. Unie à lui, tu es comme omniprésente… et avec la force de la Croix tu peux être sur tous les fronts et dans tous les lieux d’affliction ». (extrait la crèche et la croix – exaltation de la croix 14 Septembre 1939).
  • « Qui entre au Carmel n’est pas perdu pour les siens, mais il leur est au contraire gagné, car c’est notre rôle de nous tenir devant Dieu pour tous ».
  • « Pour le chrétien, il n’y a pas d’étranger ; le prochain est toujours celui qui se trouve devant nous et qui a le plus besoin de nous – qu’il soit parent ou non, que nous le trouvions sympathique ou non, qu’il soit ou non moralement digne de notre aide. L’amour du Christ ne connait pas de limites, il n’a pas de cesse et n’est rebuté ni par la laideur, ni par la saleté ».
  • « Vivre de l’Eucharistie signifie sortir insensiblement de l’étroitesse de sa propre vie pour naître à l’immensité de la vie du Christ. »
  • « N’acceptez rien comme vérité qui soit privé d’amour. Et n’acceptez rien comme amour qui soit privé de vérité ».
Édith Stein

Prier avec elle

« Qui es-Tu, douce lumière qui m’inondes et illumines l’obscurité de mon cœur ?

Tu me conduis par la main comme une mère, et si Tu me lâchais, je ne saurais faire un pas de plus.

Tu es l’espace qui enveloppe mon être et le garde en lui. Abandonné de Toi, il tomberait dans l’abîme du néant dont Tu me tiras pour m’élever à la lumière.

Toi, plus proche de moi que je ne le suis de moi-même, plus intérieur que mon être le plus intime, et pourtant insaisissable et inouï, surpassant tout nom : Esprit Saint- Amour éternel ».

(Neuvaine de Pentecôte 1937).

Prague, Bas-relief en mémoire d’Édith Stein ©license CC BY-SA de Vincent de Groot