Carmel-de-Laval


Deuxième dimanche de l’Avent -Année A-


 

BAPTÊME DE CONVERSION (Mt 3, 1-12)

Donner à moitié ce n’est pas vraiment donner.
Seigneur, tu attends le tout de moi.

Nous croyons tout donner ; mais, en réalité, nous présentons à Dieu le revenu ou les fruits, et nous gardons la propriété, la possession. Nous voulons être pauvres et c’est très méritoire. Bien souvent pourtant nous nous engageons ensuite, tout de nouveau, dans des sollicitudes et des empressements pour nous procurer, non seulement le nécessaire, mais même le superflu, pour nous faire des amis qui nous le donnent ; et la crainte de le voir nous manquer nous jette dans de plus grands soucis, de plus grands dangers peut-être, que ne nous en apportait la possession de nos biens. On pourrait croire également que nous avons renoncé à l’honneur humain le jour où nous avons embrassé l’état religieux ou entrepris une vie spirituelle et parfaite. Et cependant, vient-on à l’effleurer le moins du monde, cet honneur, aussitôt nous oublions que nous l’avons donné à Dieu, nous voulons nous en emparer de nouveau, nous cherchons, pour ainsi parler, à le lui arracher des mains ; et cela, après l’en avoir, en apparence du moins, volontairement rendu le maître. Ainsi en va-t-il de tout le reste.

Plaisante manière de chercher l’amour de Dieu ! il nous le faut sur-le-champ et à pleines mains, comme l’on dit, mais à condition de garder nos affections. A le bien prendre, nous ne faisons aucun effort pour exécuter nos bons désirs, nous n’en finissons pas de les soulever de terre. Et après cela, il nous faut beaucoup de consolations spirituelles ! En vérité, cela ne s’accorde guère. A mon avis, ce sont deux choses incompatibles.

Ainsi, c’est parce que notre don n’est pas entier, que nous ne recevons pas non plus d’un seul coup le trésor de l’amour divin. Plaise au Seigneur de nous l’accorder du moins goutte à goutte, fût-ce au prix de toutes les tribulations du monde !

De quelle miséricorde il use envers une âme, lorsqu’il lui donne grâce et courage pour se mettre généreusement et de toutes ses forces à la poursuite d’un tel bien ! Qu’elle persévère seulement. Dieu ne se refuse à personne : peu à peu il fait croître le courage, et finalement l’on remporte la victoire.

(Sainte Thérèse de Jésus, Vie, T.1, p.110)

Si vous revenez vers Dieu de corps et d’âme
pour vivre dans la vérité devant lui,
alors il reviendra vers vous
et jamais plus ne cachera sa face
(AT 5 ; Tb 13,6).