Carmel-de-Laval


Commentaire de l’Evangile (23e dimanche Ord.)


ETRE MON DISCIPLE

C’est dans l’humble service des autres et non en s’isolant de tout son environnement que le disciple trouve le chemin de l’oraison d’union avec son Dieu. Le reste est ton œuvre, Seigneur

 

Des Cinquièmes Demeures , chapitre 3 §11-12 de sainte Thérèse d’Avila.


Quand je vois des personnes tout occupées de se rendre compte de leur oraison, et si enfoncées en elles-mêmes quand elles la font, qu’elles n’osent, ce semble, ni se remuer, ni en détourner leur pensée, de crainte de -perdre un peu du goût et de la dévotion qu’elles y trouvent, je vois qu’elles ne connaissent guère le chemin qui conduit à l’union. Elles s’imaginent que tout consiste en ces façons de faire. Non, mes sœurs, non. Le Seigneur veut des oeuvres. Il veut, par exemple, que si vous voyez une malade que vous pouvez soulager, vous laissiez hardiment votre dévotion pour l’assister, que vous lui témoigniez de la compassion, que sa souffrance soit la vôtre, et que, s’il en est besoin, vous jeûniez pour qu’elle ait à manger ; et cela, moins pour l’amour d’elle, que parce que telle est la volonté de votre Maître.
Voilà la véritable union à sa volonté. Il veut encore que si on loue hautement une personne en votre présence, vous vous en réjouissiez beaucoup plus que si on vous louait vous-même. A la vérité, cela est facile, car, lorsqu’on est humble, on souffre au contraire d’entendre son propre éloge. Il est encore de se réjouir lorsqu’on voit briller les vertus de ses sœurs, de déplorer leurs fautes autant que les siennes propres, et de s’efforcer de les couvrir.

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Ste Thérèse d’Avila

Je me suis longuement étendue ailleurs sur ce sujet c’est que je suis persuadée, mes sœurs, que manquer à cette vertu, c’est tout perdre. Dieu veuille qu’elle ne soit jamais blessée parmi nous ! Que si vous y excellez, je puis vous certifier que vous obtiendrez de Notre-Seigneur l’union dont j’ai parlé. Si, au contraire, vous êtes en faute sur ce point, vous aurez beau avoir de la dévotion, des délices spirituelles, et croire ainsi la posséder, vous aurez beau éprouver même quelque petite suspension durant l’oraison de quiétude - comme certaines personnes qui s’imaginent alors que tout est fait - croyez-moi, vous n’y êtes pas encore.
Demandez à Notre-Seigneur qu’il vous donne un parfait amour du prochain et, ensuite, laissez faire Sa Majesté. Si vous mettez tous vos soins et tous vos efforts à acquérir cet amour ; si vous faites plier votre volonté pour que s’accomplisse en tout celle de vos sœurs, fallût-il pour cela perdre de votre droit ; si vous savez oublier votre intérêt pour songer au leur, quelque répugnance qu ‘y ait d’ailleurs votre nature ; si, quand l’occasion s’en présente, vous prenez pour vous le travail afin d’en exempter les autres, sa libéralité surpassera vos désirs. Il vous en coûtera, soyez-en persuadées, et cela ne se fera pas tout seul, Mais considérez ce qu’a coûté à notre Époux l’amour qu’il nous a porté : afin de nous délivrer de la mort, il a enduré la plus cruelle de toutes, la mort de la croix.

Seigneur, enseigne-moi tes voies
fais-moi connaître ta route
Sa justice dirige les humbles,
Il enseigne aux humbles son chemin (Ps 24)

(Extrait du livre du P. Constant Tonnelier : "L’Année du Seigneur avec les Saints du Carmel, Editions P. Tequi)