Carmel-de-Laval


Bambina


 

Bambina {JPEG}
En ce 8 Septembre, nous célébrons la naissance de la Vierge Marie représentée ici par la "Bambina". Au Carmel de Laval, nous sortons cette petite statue chaque année.

Pour méditer en ce jour, voici un extrait du Manuscrit A de la Petite Thérèse  :

"Le matin du 8 Septembre, je me sentis inondée d’un fleuve de paix et ce fut dans cette paix "surpassant tout sentiment que je prononçai mes Saints Voeux... Mon union avec Jésus se fit, non pas au milieu des foudres et des éclairs, c’est-à-dire des grâces extraordinaires, mais au sein d’un léger zéphyr semblable à celui qu’entendit sur la montagne notre père St Elie... Que de grâces n’ai-je pas demandées ce jour-là !... Je me sentais vraiment la Reine, aussi je profitais de mon titre pour délivrer les captifs, obtenir les faveurs du Roi envers ses sujets ingrats, enfin je voulais délivrer toutes les âmes du purgatoire et convertir les pécheurs... J’ai beaucoup prié pour ma Mère, mes Sœurs chéries... pour toute la famille mais surtout pour mon petit Père si éprouvé et si saint ... Je me suis offerte à Jésus afin qu’Il accomplisse parfaitement en moi sa volonté sans que jamais les créatures y mettent obstacle...
Ce beau jour passa comme les plus tristes, puisque les plus radieux ont un lendemain, mais ce fut sans tristesse que je déposai ma couronne aux pieds de la Ste Vierge, je sentais que le temps n’emporterait pas mon bonheur... Quelle belle fête que la Nativité de Marie pour devenir l’épouse de Jésus ! c’était la petite Ste Vierge d’un jour qui présentait sa petite fleur au petit Jésus... ce jour-là tout était petit excepté les grâces et la paix que j’ai reçues, excepté la joie paisible que j’ai ressentie le soir en regardant les étoiles scintiller au firmament, en pensant que bientôt le beau Ciel s’ouvrirait à mes yeux ravis et que je pourrais m’unir à mon Époux au sein d’une allégresse éternelle..."


D’après les travaux de recherches historiques effectués par Monsieur Christophe MARCHESI

Cette Bambina est vénérée dans plusieurs endroits de la Mayenne.


- BEAUMONT-PIED-DE-BŒUF
 : Chapelle de la Mariette. L’abbé Bergère, curé de la paroisse de Beaumont-Pied-de-Bœuf avait été également sollicité pour placer une statue dans sa paroisse. Le 11 septembre 1898 fut ainsi jour d’une mémorable fête au sanctuaire de Mariette. Plus de mille pèlerins avaient assistés à ce pèlerinage. On avait convié la musique du Cercle Catholique de Beauregard de Laval à apporter son concours pour la fête qui sera présidé par le Chanoine Normandière. Les habitants forts heureux, clôturèrent cette gigantesque fête, par un dîner de 50 couverts, servi au nom de Monsieur de Curé de Beaumont, dans une maison vague du village qui se trouvait près du sanctuaire. D’autres cérémonies eurent également succès, d’une part le dimanche 4 juin 1905, puis le 10 septembre de la même année. Cette dernière devait la surpasser de beaucoup...
Comme à l’accoutumée, désirant voir cette fête devenir solennelle dans sa paroisse, l’abbé Bergère avait décoré son église comme pour une adoration. On raconte que 150 pèlerins affluaient malgré la pluie, et que bon nombre de petits enfants dans les bras de leur mère attendaient leur consécration. Les fidèles, à l’unanimité, souhaitaient participer à la procession, qui à cause du mauvais temps, devait être annulée. Le curé de la paroisse, proposa alors aux fidèles de faire par la pensée, debout et à genoux, les stations du chemin de croix qu’il méditait lui-même. La statue fut enfin vénérée durant le salut solennel du Doyen. Malgré la pluie qui les avaient contrariés, on se retira heureux, emportant médailles et images pieuses comme souvenir, pour ceux dont beaucoup étaient venus de plus de deux kilomètres. Encore avant la première guerre (date à laquelle prit fin l’ancienne coutume), les fidèles assistants à la procession de la Bambina se comptaient par milliers.

CHATEAU-GONTIER : A la fin du XIXème siècle, Madame Joubert, épouse d’André Joubert, littérateur célèbre d’Angers, est à l’origine d’une statue de la Santissima Bambina, qui se trouvait jadis à l’église Sant-Rémi à Château-Gontier. En effet, la famille Joubert possédait une maison et quelques biens dans cette paroisse. Même si les traces de l’inauguration de la statue dans les documents anciens sont absentes, les personnes les plus âgées de la commune se souviennent avoir participés, enfants, aux traditionnelles processions du 8 septembre. Vers 1985-90, l’abbé Amand Teillard, alors curé de la paroisse, retrouva dans le grenier de l’église 4, la statue dans un état vétuste. Il pria alors la famille de Cadaran, anciens propriétaires du Château de Fontenailles, dans la paroisse de Saint-Pierre-des-Landes, de placé la statue de la Santissima Bambina dans la chapelle du lieu, placée, dit-on, sous la protection de la Vierge-Marie et qui avait été reconstruite après faits de la deuxième guerre Mondiale avec les pierres de l’Abbaye de Saint-François qui se trouvait dans la forêt de Fougères.

- CRAON  : Monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement. Au cours de l’année 1894, suite à l’un des ses voyages, une fervente pèlerine française, habitante de Laval, Melle Julie Bertron offrit une aumône de 500 francs de l’époque pour le bien de la Maison des religieuses de Craon. Cette même année, au mois de décembre elle fit don de nouveau d’une belle statue de Marie Enfant dite de la « Sanctissima Bambina ». Placée dans le chapitre pour y recevoir les prières et les hommages de la Communauté, donnant joie et confiance par son aimable sourire, elle donnera ainsi naissance, le 26 avril 1895, à la première affiliation spirituelle, les unissant au aux Carmélites déchaussées de Laval.

- FOUGEROLLES-DU-PLESSIS : Eglise de l’Immaculée-Conception. Le 2 octobre 1898 eu lieu l’inauguration de la confrérie dite de Marie Enfant. A cette occasion l’abbé Henri Chevallier, alors curé de la paroisse de Fougerolles depuis 1884, avait introduit la superbe statue de la Santissima Bambina. Durant plusieurs décennies et cela jusqu’à la seconde guerre Mondiale, les enfants avait la charge de perpétuer la traditionnelle procession de la Bambina, accompagnée de la fanfare fougerollaise comme nous l’atteste une précieuse photographie retrouvée.

PONTMAIN  : Eglise paroissiale. A la fin du XIXe siècle, l’abbé Michel Guérin, ayant connaissance de cette statue, que d’autres paroisses avoisinantes avait déjà pris possession, en plaça une, enchâsser dans l’autel-mineur de la chapelle Sainte-Thérèse (transversale gauche) de l’église paroissiale de Pontmain. Au début du siècle dernier, et d’après des cartes postales et autres objets de piété retrouvés, la « Petite Bambina de Pontmain », comme l’appelait-on jadis, avait in immense succès !

EVRON (Mayenne) : Monastère des Sœurs de la Charité Notre-Dame d’Evron : A la fin du XIXème siècle, une bienfaitrice de Daon-aux-Lûtz, épouse d’André Joubert, littérateur célèbre d’Angers, qui avait fait construire une salle d’Asile et un hôpital dans cette ville, entretenait de bonnes relations avec la Mère de la Congrégation des Sœurs de la Charité de Notre-Dame d’Evron. Très pieuse, et très attaché à la dévotion de Marie Enfant et qui avait très vite entendu parler de la Santissima Bambina de Laval, avait eu la bonne pensée d’offrir à la Révérende Mère Anaïs Coupris, une réplique de la statue. Elle fut inaugurée dès le 17 novembre 1897. Placée dans salle Sainte-Marie et particulièrement décorée avec les soins de Monsieur Lemanceau, 1er Aumônier, qui disposa une grande tenture autour de la statue. Au cours de la cérémonie, ce dernier, récita trois Pater et Ave pour la protection de la généreuse donatrice, la Mère Générale et son Conseil, puis surtout pour la Congrégation. Les sœurs entonnèrent le cantique « J’irai la voir au Ciel », tandis que chacun se retira le « cœur heureux de cette douce et charmante petite fête ».